Theatre of War, le test

Logo Theatre of War

Après avoir attendu ce titre de nombreuses années, le voici enfin entre nos mains. Celles-ci tremblent d’impatience à l’idée de tester cette simulation temps réelle et réaliste à l’échelle du bataillon, et ceci pour l’ensemble du front Européen, le tout en 3D. Mais la question qui est sur toutes les lèvres est: 1C et Battlefront ont-ils réussit leur pari avec un nouveau jeu qui saura répondre aux attentes des wargamers?


Il existe deux versions du jeu, la version boite et la version téléchargeable, vu qu’attendre plusieurs semaines pour tester le jeu n’était pas une option j’ai choisi la version téléchargeable. Après avoir downloadé l’archive du jeu qui pèse quand même plus de 1,3Giga, on l’installe simplement en quelques clicks. Je n’ai eu aucun problème sur ma machine (CoreDuo 2, 6800GTS), mais cela ne semble pas le cas de tous le monde et Battlefront a fourni un guide pour solutionner les principaux problèmes en attendant qu’un patch sorte prochainement.
Theatre of War, Wespe

Le jeu propose deux modes principaux en mode joueur solo, soit le mode campagne qui comprend 5 campagnes différentes ou vous pourrez jouer la France, l’Union Soviétique, la Pologne, l’Allemagne et enfin une campagne alliée (britanniques et américains), ou alors un mode bataille un peu faiblard et qui ne propose pour le moment que 5 scénarios différentes. Le terrain de jeu est principalement le front russe et ouest. L’Italie et l’Afrique du Nord semblent être absentes du jeu pour le moment.

Nous voilà donc lancé dans la campagne alliée qui commence comme on pourrait s’en douter à partir du débarquement de juin 44. La première étape est de choisir la composition de votre force de départ à partir d’une liste de matériel disponible pour votre unité à ce moment là. Certaines troupes sont toutefois obligatoires, et le tout doit rester dans un nombre de point attribué pour chaque mission. Une fois ceci fait, vous voilà lancé dans la bataille. Attention ToW est un jeu qui demande une longue période d’adaptation, l’interface est assez confuse et il faut immédiatement utiliser le bouton du milieu de la souris pour avec les flèches du clavier réussir à maitriser cette maudite caméra que l’on a souvent de la peine à ramener au cœur de l’action quand tout va mal.
Vos troupes doivent être déployées dans une zone grisée sur la carte, il est alors possible de choisir chaque l’emplacement de chacune de vos unités et même de chacun de vos hommes de manière fine ainsi que leurs orientations, mais c’est à ce moment là que l’on voit le grand manque du jeu. A l’inverse d’un Close Combat, il est presque impossible lors du déploiement d’avoir une idée du couvert et de la ligne de vue de chaque unité. Bien sur la 3D devrait en théorie permettre d’avoir une bonne idée des lignes de vue, mais cela semble très aléatoire avec TOW. J’ai plusieurs fois vu mes tanks tirer à travers un mur d’arbres, mais je pense que ceux-ci devait utiliser le tout nouveau système de vision gamma qui équipait les Panzer III. Il ne sera pas non plus possible lors de la phase de déploiement de spécifier un ordre à vos unités, donc soyez prêt dès que vous aurez appuyé sur “start battle” à venir donner vos ordres à tous le monde.

Pour ce premier scénario tout droit sorti du jour le plus long, vous jouerez des parachutistes américains devant prendre Sainte Mère Église. Votre force sera composée purement d’infanterie et vous aurez à votre disposition un peu d’artillerie. En face de l’infanterie allemande, un Sdkfz 251 et quelques pak36. Ce ne sera donc pas de la tarte, il faudra user du bazooka ou de la grenade avec soin pour éliminer les différents véhicules allemand qui viendront en renfort et surtout prendre les pak pour les retourner contre leur ancien propriétaire. Ce scénario est parfait pour apprendre à manipuler l’infanterie et vous donnera une bonne idée de l’ambiance du jeu.

Theatre of war, bazooka

Une fois les ordres donnés, on peut alors profiter de la vue, et comme on peut l’admirer, c’est très beau. Le travail au niveau 3D est vraiment excellent et chacune de vos troupes sera détaillée de manière fine. Les animations de chaque arme sont parfaitement rendues et il est très joli de voir l’équipage d’un char évacuer celui-ci après un coup au but. Le paysage et les habitations sont aussi superbes et permettent de s’immerger dans la bataille.

Le maniement de vos troupes est assez simple même si l’interface propose de nombreux ordre, bien la propension de vos troupes à suivre vos ordres dépendra de la condition mentale de celles-ci et des conditions de combat. Les duels entre chars sont assez bien rendu avec un moteur physique complet qui prend en compte de nombreux paramètres dont l’angle d’incidence de l’obus à l’impact permettant de déterminer la probabilité de ricochet. C’est un vrai plaisir de voir de nombreux chars s’affronter dans un déluge de feu. Du coté de l’infanterie celle-ci sera vraiment plus dur à manier à cause du manque d’information sur le couvert et de temps en temps une section sera fauchée alors que l’on pensait qu’elle était plutôt dissimulée. Il faudra aussi faire un babysitting important de toutes vos troupes pour éviter qu’elles décident de se balader toutes seules sous le feu de l’ennemi. L’ordre hold position est à utiliser sans retenue une fois que vos troupes ont atteint la position que vous avez choisie. De même si vous voulez faire reculer un char, utiliser l’ordre repli en donnant de petite distance, votre char fera alors marche arrière autrement il aura tendance à faire demi-tour pour mieux présenter son arrière à l’ennemi.
Du coté matériel, sans être exhaustif le jeu prend en compte les principales armes que l’on peut trouver pendant le conflit. On trouvera les chars les plus importants des différentes nations, par contre il manque certaines pièces d’artillerie telle que le canon anti-aérien de 8.8 allemand ou certain véhicule de reconnaissance. On peut penser que ceci est prévu pour laisser de la place à de futures extensions.

Par contre, les caractéristiques de chaque matériel sont rendues le plus précisément possible, le tout servi par un moteur physique permettant de modéliser finement la pénétration et les dégâts de manière très réaliste. Par exemple chaque partie d’un véhicule peut être mise hors d’état, en fonction des coups reçus. Parfois un mauvais tir endommagera la tourelle de votre King Tiger rendant celui inopérationel sans toutefois le détruire. On regrettera que les dégâts aux chenilles ne soient pas réparés par l’équipage du char pendant le combat, immobilisant parfois ceux-ci dans de très mauvaise position.

Chaque scénario possède des conditions de victoire assez précise mais il est assez difficile de déterminer lesquelles avant d’avoir gagné l’engagement. Par exemple dans certain scénarios il faudra complètement annihiler votre ennemi en chassant le dernier survivant d’un char caché au fond d’un trou à l’autre bout de la carte, ce qui peut rendre certaine fin de partie assez pénible surtout lorsqu’il ne vous reste plus qu’un char pour faire le tour de la carte. C’est une des faiblesses du jeu à mon avis de ne pas avoir des conditions de victoire par zone. De plus ne pensez pas prendre de prisionnier, le seul choix qu’ont les hommes lorsqu’ils paniquent est de partir le plus vite possible vers l’arrière, même des soldats entourés ne se rendront jamais mais se feront tirer comme des lapins. Bon au final le résultat est identique mais cela manque de classe ;-)
L’arrivée des renforts semble elle être parfois lié au niveau de perte atteint par vos troupes, et apparaissent par exemple avec la perte d’un char supplémentaire alors que justement ils auraient été bien plus utile quelques minutes plus tard.
Les mortiers, l’artillerie ainsi que l’aviation sont rendu en tant que support hors carte qui apparaît en fonction du scénario. L’artillerie peut vraiment être dévastatrice sur de l’infanterie à découvert qui lance un assaut. Les mitraillages de l’aviation sont superbes et lorsque la DCA entre en jeu c’est un vrai festival, ou l’on peut parfois voir un avion s’écraser en flammes après avoir été mortellement touché. Ceci rajoute une vraie touche d’ambiance au jeu.

Le jeu vient avec un éditeur de scénario que je n’ai pas pu tester car celui-ci ne s’exécute pas correctement sur ma machine. A noter qu’il ne s’agit ici qu’un éditeur de scénarios qui permet juste de modifier la composition et l’emplacement des troupes de départ mais pas par exemple de modifier les tranchées ou les autres éléments de la carte. Un éditeur de carte devrait être publié dans une version ultérieure.

Theatre of War, évacuation d\'un T34

Les gros manques du jeu:

L’absence d’embuscade. Il est totalement impossible de mettre un ordre d’embuscade à ses unités en espérant qu’elles se cachent et ne pointent le bout de leurs nez que lorsque l’ennemi est au contact. Il existe bien la combinaison des commandes hold fire et hold position mais vu l’impossibilité de connaître son couvert ceci est très hasardeux.
Les fumigènes sont totalement absent, ce qui rend certaines attaques un peu étrange on l’on doit affronter de nombreux canon anti-char à découvert sans pouvoir faire autre chose que de tenter de manœuvrer très finement pour palier au manque de couvert.
Pas de possibilité d’utiliser des waypoint par exemple pour dire à vos véhicules quel chemin prendre, il faudra donc en permanence les diriger par petits segments de ligne droite.

Au final Theatre of War est un jeu qui a un énorme potentiel, mais qui soufre à mon avis de quelques erreurs de jeunesse et surtout d’une prise en main qui pourra déconcerter les personnes qui veulent que cela marche du premier coup ou qui trouvent que Company of Heroes est un jeu réaliste. Perso je pense qu’avec les patches et amélioration qui vont suivre ce jeu risque de devenir un grand classique de l’engagement tactique Seconde Guerre mondiale.

Le site de Battlefront: www.battlefront.com
La page de ww2-area sur Theatre of War: ici


Articles liés

Réagissez à cet article!

Laisser un message

*
Pour prouver que vous n'êtes pas un bot, recopiez le code ci-dessous
Anti-Spam Image