Introduction à la peinture à l’aérographe
Vous avez toujours voulu faire ces camouflages allemands parfaitement estompé mais dont le rendu reste désemparement moins bien au pinceau, abattre la peinture de 10 chars en un temps record vous a toujours fait baver mais l’aérographe qui permet toute ces merveilles vous a toujours rebuté.
Vous avez pu observer la qualité de peinture que ce type d’appareil permettait. Mais peu d’entre nous ont franchi le cap pour plusieurs raison: le budget, la méconnaissance de ces appareils, de leur utilisation suivant l’échelle et de l’intérêt réel qu’ils peuvent vous procurer. Nous allons ici nous attacher à vous faire par de notre expérience et essayer de vous guider au mieux dans vos choix selon l’usage que vous voudriez en faire.
Mais un aérographe c’est quoi?
Définition (source: Wikipédia):
L’aérographe est une méthode de peinture qui est basée sur le même principe que celui du pistolet à peinture utilisé par les carrossiers. En fait l’aérographe (airbrush en anglais) est un pistolet à peinture miniature dont la taille est celle d’un stylo (plus ou moins gros suivant les utilisations). Le principal intérêt est de pouvoir peindre ou colorer n’importe quel support à l’aide d’une infinité de médium (peintures, pigments, etc.) sans contact avec le support. Cette caractéristique est à l’origine de son invention dans les années 1880 à 1900. Charles L. Burdick un aquarelliste américain qui cherchait à appliquer des couches de peinture à l’eau les unes sur les autres sans modifier les précédentes déposa un brevet en 1893 mais un brevet américain de 1888 décrivait le même appareil.
Le matériel
Les aérographe
Un aérographe se compose d’un corps en métal creux dans lequel une aiguille passe jusqu’à la tête équipée en son bout d’une buse de taille variable. Le principe consiste à mélanger de l’air sous pression et de la peinture pour obtenir un jet qui sort lorsque l’aiguille recule et laisse de passage de la buse ouvert.
Il existe différents types d’aérographe, en fonction des contrôles possible sur le flux d’air et de peinture ou sur leur type d’alimentation.
Les aérographes sont généralement alimenté de deux manières, soit le reservoire de peinture est situé sous le corps ou sur le coté de l’aérorgraphe (aérographe par aspiration), ou alors au dessus (aérographe par gravité). Une gachette permet de gérer le débit de peinture et d’air, on distinguera ainsi différent types d’aérographes
1) Les pulvérisateurs: c’est le modèle le plus simple. Ils sont généralement alimenté par aspiration depuis un godet situé sous l’aérographe. Le jet d’air est contrôlé par un bouton poussoir. Le mélange air-peinture se réalise à l’extérieur de l’aérographe. Les réglages sont très limités, en dehors de la variation du volume de peinture aspirée mais qui ne peut se faire que hors fonctionnement. C’est ce type de pulvérisateur que l’on trouve dans les kits d’entrée de gamme. Ils sont vraiment limités aux fonds et aux sous-couches.
2) Les aérographes simple action: Il s’agit ici d’un vrai aérographe avec un mélange interne de la peinture et de l’air. Par contre, l’aiguille est statique et seul le débit d’air peut être contrôlé. Il faudra donc régler de débit de peinture manuellement. Par contre ce type de modèle permettra de réaliser des traits fin
3) Les aérographes à double action indépendante. Il s’agit ici du modèle le plus complexe mais celui qui permet toutes les utilisations. Le mélange air-peinture est interne. On peut à la fois en agissant sur la gâchette ajuster le volume d’air et de peinture afin de moduler la largeur de trait et son intensité. C’est la modèle d’aérographe préféré des maquettistes
Le compresseur
Tout d’abord, avant même l’achat d’un compresseur certain pourrait être intéressé par l’achat de bombes d’air comprimé. On les trouve par exemple sur le kit Revell, mais ce ne sont pas les seuls à en proposer. Le problème de ces bombes sont une durée de vie très limitée et un cout d’achat important. On peut aussi ajouter une pression qui varie énormément entre le début et la fin de la bombe. Je ne recommande vraiment pas cette solution même pour débuter et il vaut mieux passer directement au compresseur pour éviter bien des déconvenues.
Un compresseur: Si vous êtes en maison et que vous possédez un garage ou autre pièce où bosser tranquille, vous pouvez choisir un compresseur standard en vente dans tout les magasins de bricolage ou grande surface. Privilégiez un compresseur possédant une réserve d’air de 25 Litres minimum. En effet le compresseur se charge et fait du bruit pendant environ une minute. une fois chargé vous disposez environ de 20 à 30 minute de calme pour vider la cuve en peignant à l’aérographe avant de devoir recharger. Un compresseur de ce type vous en coutera environ 80 à 150 Euros, mais vous pouvez avoir de gros avantages lors de soldes (j’ai acheté le mien 50% moins cher soit 80€ pour un compresseur de marque). Outre un manomètre indiquant la pression restante dans la cuve, Veillez également à disposer d’un manomètre de sortie réglable afin d’imposer et de surveiller la pression de sortie qui est très importante (on utilise un aérographe généralement entre 1,5 et 2 bars). Sinon vous pouvez toujours en rajouter un pour environ 25 €.
Si vous êtes en appartement, il faudra investir dans un compresseur à bain d’huile ou autre technologie similaire permettant de travailler sans bruit, ce type de compresseur travaille généralement en continu et sans réservoir . Ils présent par contre deux désavantages, ils sont beaucoup plus cher (à partir de 200 € jusqu’à 600 €) et s’ils n’ont pas de réservoir il n’est pas possible de les utiliser sur une période de 10-30 minutes sans devoir les laisser au repos sur une période de temps identique.
La peinture
Privilegiez la peinture acrylique type Vallejo Prince-August (version Air, spécial pour aérographe, même prix!), Tamiya, Model-Master ou encore Life-Color. Le prix d’un pot varie entre 1.90 et 2.80 € (10 à 22 mL) mais l’aérographe étant très économe en peinture, les pots se vident très très lentement! Pour ma part, je trouve que la peinture Tamiya est celle qui passe le mieux à l’aérographe.
La peinture se doit d’être diluée pour passer dans l’aérographe et être mélangée à l’air. Même si les acryliques peuvent se diluer à l’eau, l’utilisation de diluants spécifique de chaque marque permet une meilleure pulvérisation et atomisation de la peinture ce qui se traduit par une plus grande facilitée d’utilisation et de meilleurs rendus et surtout un aérographe qui se bouche moins souvent. De même si vous voulez utiliser l’aérographe pour effectuer des sous-couches, des diluants spécifique existent, les apprêts étant généralement plus pâteux que la peinture standard. Les gros pots de diluants coûtent environ 6€ mais vous pouvez peindre plusieurs armées avant d’en voir le bout!
Une pipette vous sera aussi nécessaire pour pouvoir bien doser le diluant, goutte à goutte. Vous trouverez des pipettes jetables dans les magasins de modélisme pour une une poignée d’euros.
L’atelier
Tout d’abord il faut se mettre à l’idée qu’un aérographe (malgré sa petite taille) prend beaucoup de place et nécessite un atelier bien spécifique. En effet, l’utilisation des diluants, nettoyants et du compresseur (et des tuyaux associés) requiert plusieurs obligations. Etre dans une pièce ventilée, où les enfants ne peuvent pas aller, les vapeurs de diluants et autres produits étant très nocifs. Il faudra aussi être dans un espace isolé phonétiquement, selon le type de compresseur choisi.
Les produits suivants seront nécessaire dans votre atelier
- Un pinceau: Pour mettre de la peinture dans le godet (réservoir) de l’aérographe, une pipette fait aussi très bien l’affaire.
- De l’eau: Pour nettoyer le pinceau….
- Des mouchoirs fins: Pour nettoyer l’aiguille de l’aérographe, vider la peinture restante, se moucher etc….. (Une boite de 150 mouchoirs coûte environ 0.50 € et dure éternellement).
- Des nettoyants: Pour nettoyer l’aérographe en fin d’utilisation ou lors d’un changement de couleurs). On utilisera de l’acétone d’abord puis de l’eau déminéralisée. (une bouteille d’1 L d’acétone et un bidon de 5 L d’eau déminéralisée dureront très longtemps et ne coûtent presque rien)
-Un petite poubelle (refermable): Afin de pulvériser les nettoyants (acétone et eau déminéralisée) et garder les vapeurs confinées.
-Une feuille de papier blanche: Pour tester l’aérographe avant chaque passage sur la figurine, régler son jet, être sur que la peinture ne crachouille pas (pas assez diluée ou pression trop basse) ou ne bave pas (pas assez consistante, trop diluée ou trop de pression).
Un exemple pratique le Badger 150 & le Paasche VJR 3
L’aérographe idéal devrait:
1.Permettre travailler avec une quantité de peinture raisonnable (mais pas non plus extraordinaire) pour pouvoir effectuer des sous-couches et autres teintes de bases sur plusieurs véhicules.
2.N’être pas très encombrant pour pouvoir travailler relativement près de la figurine lorsque l’on veut travailler en précision.3. Etre capable de faire des traits relativement
3. fins pour pouvoir realiser des camouflages “en bandes” ou en tâches.
Illustration 1: La photo ci-dessus vous présente mon atelier.
Sans vouloir faire de publicité quelconque, je vais simplement vous parler ici des deux aérographes que je possède: le Badger 150 et le Paasche VJR. Après pas mal de documentation et de navigation sur le net, le choix du badger 150 s’est vite présenté devant moi. J’ai donc fait l’acquisition de cet appareil pour 105€ auquel j’ai rajouté 25 Euros pour un tuyau tréssé de 3m bien résistant, permettant de le raccorder au compresseur. Récemment j’ai opté pour un second aérographe, le Paasche VJR que j’ai obtenu pour 79€ plus 15€ de raccord (également 3m et tréssé). La photo ci-dessous vous présente le Badger 150 équipé d’une buse M (pour Médium). Cet aérographe fonctionne par aspiration, on fixe donc l’un des deux godets (un en métal et l’autre en verre transparent) sous l’aérographe et la peinture est aspirée par un effet de “vide d’air”. On peut donc y mettre assez de peinture pour faire des sous-couches et autres teintes de bases en série. Ceci est très utile lorsque l’on peint un platoon entier de char ou quand on décide de grouper la peinture de ses véhicules. La peinture de véhicules Américains, Russes ou encore un Dunkelgelb uni pour les véhicules Allemands se fait avec une simplicité enfantine et en un temps record! De plus la qualité et la finesse de la couche appliquée est remarquable. Elle donne un rendu magnifique, sans les inévitables traces de pinceaux et permet de conserver tous les détails de la figurines, très utile à notre échelle, certains micro-reliefs risquant d’être effacés lorsque l’on applique une couche un peu épaisse au pinceau.
Cet aérographe permet également de faire des camouflages plus complexes comme les trois tons allemands. On se limitera à créer des taches ou des bandes d’environ 1 mm minimum, l’obtention de traits plus fins nécessitant une technicité, une parfaite maitrise de l’outil et de la dilution des peintures. La pression adaptée pour ces travaux et pour cet aérographe se situe entre 0.5 et 0.8 Bars.
A noter que le Badger 150 peut acceuillir une buse F (pour Fine) mais son utilisation se révèle beaucoup plus compliqué, j’en sais quelquechose puisque je ne l’utilise plus qu’avec la buse Médium.
En comparaison, le Paasche VJR (équipé d’une buse Fine) est relativement plus petit. Cet aérographe est plus adapté pour des travaux fins à très fins. Il se caractérise par un godet soudé situé au dessus du corps de l’aérographe qui permet une descente de l’air par gravité, procurant ainsi un meilleur mélange air/peinture. Par contre la quantité de peinture acceptable par le godet est relativement restreinte. Il n’est donc pas adapté pour peindre à la chaîne ou sur de grande surface. En revanche pour les travaux nécessitant une grande précision il est parfait. Le principal avantage qu’il possède est son encombrement restreint. Le petit godet soudé ne cache pas la vue, et ne gêne pas les mouvements lorsqu’on travaille près de la figurine.
La distance entre la gachette et l’extrémité de la tête est également plus court que pour le Badger 150. Ceci permet un meilleur contrôle de l’engin et une meilleure dextérité, très utile lorsque l’on veut reproduire des traits de camouflages ou faire des petits motifs bien spécifiques.
Avant tout achat d’un aérographe, n’hésitez pas à vous faire conseiller par un professionnel. Je vous fait par ici de mon expérience mais je suis loin de maitriser parfaitement la bête et suret de connaître tous les aérographes existants disponibles sur le marché.
Conclusion
Pour résumer, il existe deux types d’aérographes que l’on peut utiliser pour peindre des figurines de jeu. Si l’on se contente de peindre des véhicules à teinte unies, alors le badger 150 ou autre aérographe similaire, voir même un simple pulvérisateur suffira. Un aéro de type Badger 150 pourra également être utilisé pour peindre des motifs plus complexes, qui ne demandent pas trop de finesse et de précision. En revanche si l’on aime les motifs relativement fins et les camouflages les plus complexes, alors un aérographe à buse fine, moins encombrant et permettant de travailler au plus près de la figurine sera plus adapté. Un aérographe du type Paasche VJR ou tout autre appareil équipé d’un godet soudé au dessus du corps et possédant une distance Gachette-Tête d’aérographe réduite sera mieux adapté.
Concernant le budget total, vous pouvez comptez sur un montant global allant de 150 Euros minimum à plus de 800 Euros.
La durée de vie d’un aérographe est très longue (plus de vingt ans) si l’on en prend soin, qu’on le manipule sans brutalité (attention à l’aiguille!) et qu’on le nettoie proprement après chaque utilisation. Le temps d’adaptation et de maîtrise de l’outil est relativement rapide. Le mieux est de s’entrainer un peu sur des feuille de papier avant de passer sur figurine (on pourra également en « sacrifier » une ou deux). En définitif l’aérographe peut s’avérer un outil très précieux autant en termes de gains de temps pour les plus pressés ainsi qu’en qualité pour ceux qui recherche un rendu plus réaliste que ce que l’on peut obtenir avec un pinceau.
A suivre, l’utilisation de l’aérographe, dilution des peintures, réglage de la pression, distance d’application et tout les p’tits conseil bienvenus pour bien débuter…..
Cette article a été en partie réécrit sur la base d’un article de Reggy qui aurait du paraître dans le numéro 1 de In FOW Mag. Il est ainsi le principal auteur de celui-ci.
je tiens à remercier ww2-area pour ces explications sur les différents types d’aérographes. je joue et peints mes figurines Tau, ce qui me sera très pratique pour mes chars. Merci
moi, je veux juste savoir quelles peintures aérographes sont utilisables sur du verre. Thanks